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La Chaire d'études de la France contemporaine organise une journée d'études le 20 nov prochain:

Il s’agit d’envisager l’histoire de la jouissance des musées, entre émotions intimes et valeurs collectives. Le but est comprendre comment a fonctionné un système de persuasion et un ensemble d’appropriations plus ou moins idéales qui ont donné lieu à une pratique de la visite de musée depuis l’Europe du XIXème siècle jusqu’au monde contemporain que l'on assimile volontiers, de manière plaisante ou non, à un culte. La mise en place, la consolidation ou la popularisation d’un discours et d’une manière de voir ont revêtu des formes particulières – selon la  classe ou le genre, selon des modèles divers, scolaires ou sociables  – et ont pu aussi provoquer le rejet. Cette histoire a été jusque-là largement entendue comme une histoire de l’invention, du développement, et de la consolidation de  canons (de l’histoire de l’art, de l'histoire, de la science en général) et des valeurs civiques, ou nationales. Il faut aussi comprendre ce phénomène dans l’histoire plus large des formes d’accomplissement de soi: visiter un musée, c’est participer à l’une des formes d’aspirations ou  des idéaux de vie que l'on peut reconnaître au cours de l'histoire. De ce dernier point de vue, évoquer l’histoire des fréquentations de musée, c’est aussi mettre en évidence ce qui s’y est  joué du côté de la sacralité et de la sacralisation.

Dès l'origine des musées, particulièrement sous leur modalité révolutionnaire française, leur rapport à l'Eglise a été interrogé: les églises étaient-elles les seuls musées légitimes, comme le soutenaient les contre-révolutionnaires ou les émules de Quatremère de Quincy ? Fallait-il remédier à l'origine terroriste des musées en replaçant leurs œuvres au sein des églises et en supprimant tous les établissements qui n'étaient pas issus de l'ancien régime des collections ? Loin, apparemment, de tels débats, les analyses sociologiques ultérieures ont joué à leur tour du parallèle ou de la quasi-assimilation des musées et des églises – ainsi chez Pierre Bourdieu au milieu des années 1960, pour rendre compte des attitudes observées chez les visiteurs précisément 'incultes'. Récemment, François Mairesse a donné une anthropologie ironique (et imaginaire ?) du déroulement du 'culte' au musée (Le culte des musées, Bruxelles, 2014).

A l'heure où l'iconoclasme connaît un surcroît d'actualité dans le monde, il est peut-être utile d'examiner ces différentes figures, métaphoriques ou bien réelles, de cultes au musée : cultes refusés ou rejetés, cultes réels ou imaginés, cultes de substitution, transferts de sacralité, religions séculières… en face d'objets qui appartenaient aux mondes du religieux, ou bien d'objets qui jouent parfois à 'en être'.

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Le culte des musées
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