Conférencières invitées : Céline Bellot et Marie-Ève Sylvestre
Céline Bellot est professeure titulaire à l’École de service social (UdeM) et chercheure au CICC. Ses travaux de recherche portent sur la question de la judiciarisation des populations marginalisées notamment, les populations itinérantes ainsi que sur l'évaluation de stratégies d'intervention participatives.
Marie-Eve Sylvestre est professeure agrégée et vice-doyenne à la recherche et aux communications à la Section de droit civil de l’Université d’Ottawa. Ses travaux de recherche portent sur la judiciarisation et la pénalisation des conflits sociaux et de la pauvreté et le contrôle des espaces publics.
Résumé
La question de la judiciarisation des populations marginalisées n’est plus à démontrer. L’utilisation du droit pour contrôler, surveiller et punir ces populations a cependant connu de grands changements dans les dernières décennies. Ainsi, au-delà des stratégies habituelles associées à la mise en œuvre des politiques criminelles, les populations marginalisées font l’objet de plus en plus de contrôle en regard des politiques pénales, ou dans le cadre des conditions de remise en liberté émises avant ou après un procès criminel.
L’objectif de cette communication est de présenter les stratégies spatiales de surveillance des populations marginalisées à partir de l’analyse de dossiers de personnes ayant été accusées à la Cour municipale. Centrées sur les infractions généralement associées aux populations itinérantes, aux travailleu(R)SES du sexe et aux manifestants, ces résultats permettront de constater à quel point la punition s’inscrit dans le processus même judiciaire, mais aussi à quel point les infractions relatives aux bris de condition permettent au système de maintenir sous contrôle une part importante de ces populations marginalisées et montrer comment ces pratiques de contrôle participent au profilage des populations marginalisées.
Conférence présentée par le Centre international de criminologie comparée