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Prix: Entrée libre
Salle de visioconférence (entrée V-13-1)
2900, chemin de la Tour
Montréal (QC) Canada  H3T 1J6

Conférence d'Itzhak Goldberg,  professeur en histoire de l’art à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne (France), au sein de la Faculté Arts, Lettres et Langues/ Centre Interdisciplinaire d'Études et de Recherches sur l'Expression Contemporaine. Auteur de Installations (CNRS Éditions, 2014).

Résumé
Installation(s) en marche est un titre proche de l'oxymore. La définition donnée par le dictionnaire du verbe installer - « aménager un espace, le plus souvent celui d'habitat, en général pour une période longue »- s'accorde mal avec l'idée de mobilité, de mouvement. Et pourtant, la temporalité est une composante constitutive de cette forme artistique « inventée » par le XXe siècle. Rares, en effet, sont les installations qui s'enracinent dans un musée, une galerie ou un lieu équivalent. Leur taille, leur façon encombrante d'envahir l'espace font qu’elles se plient aux lois du marché  et ne restent exposées qu'un temps limité et déterminé d'avance.

Toutefois, les installations que j'ai choisi de traiter sont celles qui se mettent réellement en marche ou évoquent, d'une façon ou autre, la situation de différents « êtres nomades », des SDF aux déportés, tous ceux qui se voient dans l'obligation de quitter leur lieu et entrer dans une spirale interminable, souvent tragique.

Les travaux examinés illustrent des situations où la migration n'est pas un choix mais est imposée par des événements d'ordre économique ou politique. Leur cadre est souvent une zone géographique très vaste, celui d'un pays ou même d'un continent. Les artistes (Shimon Attie, Boltanski, Jean-Michel Frouin, Andreas Slominski…) montrent une sensibilité particulière vis-à-vis de tous ceux que l'Histoire a mis sur les routes. Qui plus est, ce sont parfois les matériaux mêmes et les techniques employées avec les installations qui évoquent immédiatement les conditions fragiles, tragiques, de différents réfugiés du XXe siècle.

Avec ces œuvres, les « sujets » se déplacent sur un échiquier géant et deviennent synonymes d'errance perpétuelle. L’invention d’une forme artistique qui se tient prête à plier bagage et se poser un peu partout s’explique peut-être par la violence d’un siècle marqué par les exodes de masse.


Cette conférence est organisée par le Centre de recherche Interdisciplinaire sur les Technologies Émergentes de l’Université de Montréal (CITÉ) et le Centre de Recherches Intermédiales sur les arts, les lettres et les techniques (CRIalt), dans le cadre du nouveau séminaire CITÉ.

 

Installation (s) en marche
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