De ce qu’on nommera plus tard la Shoah, la tentative nazie d’extermination des Juifs, Winston Churchill disait : « Il est hors de doute qu’il s’agit du crime le plus grave et le plus monstrueux jamais perpétré dans l’histoire de l’humanité. » André Malraux, de son côté, en commentaire de la même épouvante, affirmera : « C’est la première fois que l’homme donne des leçons à l’enfer. »
L’établissement des faits est le travail des historiens; réfléchir à cet événement et à partir de celui-ci relève de la philosophie politique. Tenter de répondre aux nombreuses interrogations soulevées ne dira pas le « pourquoi » de la Shoah », mais donnera à tout le moins une indication du « comment ». Et cela, en sondant quelques-uns des antécédents séminaux, sémantiques et scientistes, entrecroisés sur l’axe de leur morbidité potentielle, dans lesquels le nazisme a fait son lit criminel.
Gérard Rabinovitch, philosophe et sociologue, chercheur associé au CNRS-CERSES/Université Paris Descartes et au CRPMS de l’Université Paris Diderot. Auteur de nombreux ouvrages, il est le directeur de l’Institut européen Emmanuel Lévinas.