En raison de sa situation géographique et de ses relations commerciales, Venise est longtemps restée tributaire de l’Orient byzantin. La République maritime des doges ne se tourna vers l’Occident que vers le XVe siècle. Les peintres s’ouvrent alors à une modernité certaine. Ils adoptent la peinture à l’huile apprise des Flamands, la toile remplace le bois, et ils osent des sujets profanes issus de légendes et des images de la réalité vénitienne en véritables chroniqueurs de leur ville. Ces précurseurs, tels Bellini et Carpaccio, ouvrent la voie aux maîtres du XVIe siècle et annoncent le védutisme si cher au XVIIIe siècle, qui sera entre autres présenté au Musée des beaux-arts cet automne.
Christiane Gosselin, Maîtrise en histoire de l’art (Institut d’art et d’archéologie de Paris-Sorbonne), diplôme de l’École du Louvre, historienne de l’art.