Le chant grégorien, puisant ses racines dans la musique hébraïque, byzantine et arabe, a traversé les siècles tourmentés de l’histoire. Déjà au IVe siècle, à Rome, on chantait du vieux-romain. Deux siècles plus tard, le pape Grégoire Ier compilait le répertoire pour la messe. Dans les années 1000, les croisés ont amené ce chant dans leurs batailles, alors que les moines du Moyen-Âge l’ont copié et transmis dans des manuscrits aux notations fascinantes. Dans un désir d’universalité – comme toujours, la musique était en lien étroit avec le pouvoir politique –, ce chant et cette langue voulue universelle ont traversé les océans à la conquête de nouveaux territoires. Aujourd’hui, les nombreuses écoles de chant se disputent pour des notions d’authenticité et de modernité. Entre l’image sombre des moines des romans d’Umberto Eco et la musique New Age, qu’en est-il de l’image de la musique grégorienne aujourd’hui?
Luana Stan, Ph. D. (musicologie) (Université de Paris-Sorbonne & Université de Montréal), auteure d’une Licence sur « Les Nouvelles Interprétations du chant grégorien » est chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal et conférencière à l’Université de Sherbrooke.