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« Go back to your grave, you fucking freak » : étude de la (re)victimisation du zombie
 
Conférencier : Jérôme-Olivier Allard
 
Résumé
En 1968, dans son Night of the Living Dead, George Andrew Romero posait déjà les assises d’un questionnement sur les croisements (voire les contaminations) qui s’opèrent, dans le corpus zombifique, entre les figures du monstre et de la victime, de l’antagoniste et du protagoniste. À la suite du cinéaste américain, de nombreux créateurs ont à leur tour posé la question suivante : qui, du zombie ou de l’humain, est le plus monstrueux ? Bien qu’ils soient d’emblée habités par un instinct grégaire, les survivants d’une épidémie de zombies réalisent rapidement qu’ils sont « dangerous to each other […] because they are potentially living dead. » (Dillard, 1987) Depuis la renaissance du zombie en 2001, plusieurs oeuvres littéraires, cinématographiques et vidéoludiques ont en effet présenté certains survivants comme une menace encore plus grande que les morts-vivants eux-mêmes. À cet égard, on n’aura qu’à songer aux soldats violeurs de 28 Days Later (Boyle, 2001), au gouvernement paramilitaire de The Rising (Keene, 2003) ou aux psychopathes de Dead Rising (Capcom, 2006). Mais si l’homme peut devenir monstre, le zombie, lui, peut-il (re)devenir humain ?

Dans le cadre de cette communication, je ferai valoir que, dans un nombre croissant d’oeuvres contemporaines, le zombie devient une figure polysémique et investie idéologiquement qui permet aux créateurs de représenter les citoyens marginalisés et de tenir un discours renouvelé sur la justice et l’équité sociale.

Colloque 331 : Autopsie du zombie
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