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LOCATION:Université de Montréal - Pavillon Maximilien-Caron\, 3101\, chem
 in de la tour\, Montréal\, QC\, Canada\, H3T 1J7
SUMMARY: Les tensions épistémologiques du risque : le cas du recours aux
  technologies de sécurité
DESCRIPTION:Conférencier Julien PIERET\, Chercheur post-doctoral\, Unive
 rsité Libre de BruxellesDescriptionDepuis plus de vingt ans\, la notion d
 e risque a rencontré un succès non démenti dans le champ des analyses d
 e sciences sociales. On constate qu’une partie importante de ces travaux
  reposent sur une critique radicale portant sur la neutralité postulée d
 es sciences naturelles et la nécessité d’un progrès technique constan
 t. En effet\, telle que conceptualisée par le philosophe et sociologue al
 lemand Ulrich Beck\, la Société du risque est une société victime du s
 uccès de sa modernité : tout se passe comme si les risques contemporains
  auxquels nous devrions faire face étaient en quelque sorte les produits 
 paradoxaux des réussites de la science et de la technique dans l’identi
 fication et la gestion de risques inédits. Ce constat\, ici crûment pré
 senté\, devrait aboutir\, dans la perspective développée par Ulrich Bec
 k\, à une réflexivité accrue de la société vis-à-vis de ce qu’elle
  produit cognitivement et normativement. Cette évolution espérée repose
  sur la reconnaissance indépassable d’une dimension politique à toute 
 activité scientifique\, fût-elle partie du champ des sciences naturelles
 . En d’autres termes\, et telle est me semble-t-il la fécondité subver
 sive des travaux menés par Beck et ses disciples plus ou moins disciplin
 és\, la doxa traditionnelle relative à la gestion opératoire du risque 
 fondée sur la distinction binaire entre\, en bref\, le Risk Assesment (qu
 i appartiendrait à la sphère scientifique) et le Risk Management (qui re
 lèverait du système politique) renvoie à une distinction qu’Ulrich Be
 ck et d’autres nous invitent prestement à dépasser.   Les racines de 
 ce débat dont les linéaments se prolongent jusqu’aux modalités d’é
 laboration et d’application de la régulation juridique du risque peuven
 t être identifiées dans la variété des postures épistémologiques qu
 ’adoptent les chercheurs de sciences sociales. Succinctement présentée
 s\, ces postures s’articulent autour d’une distinction archétypale en
 tre une approche réaliste du risque – le risque existe indépendamment 
 des stratégies visant à l’identifier et à le gérer – et une vision
  constructiviste du risque – le risque n’a aucune réalité en soi \; 
 son identification et sa gestion participent à sa co-construction. En eff
 et\, la distinction entre les rôles respectifs et par hypothèse étanche
 s entre la sphère de la science et le système politique peut s’appuyer
  sur une approche réaliste du risque que l’on entend combattre \; à l
 ’inverse\, une perspective davantage constructiviste intégrera à la ge
 stion même du risque et de ses conséquences la question de son identific
 ation. Ainsi\, adopter une approche centrée sur le risque dans le design 
 d’une politique publique et d’une régulation juridique lui étant pro
 pre aboutit à tout ou son contraire\, et ce en fonction de l’épistémo
 logie\, assumée ou inconsciente\, que l’on adoptera sur le risque que l
 ’on prétend prendre en charge.    En vue d’exemplifier ces considér
 ations théoriques au regard d’un champ particulier\, ma présentation s
 ’attardera au risque délinquant et aux modalités de sa gestion par le 
 recours de deux techniques massivement utilisées par les acteurs répress
 ifs\, à savoir la vidéosurveillance et les analyses génétiques. L’hy
 pothèse que je formulerai consiste à considérer que la participation de
  ces deux techniques à la construction du risque qu’elles entendent aid
 er à combattre est très largement occultée \; en d’autres termes\, le
  fondement épistémologique de l’usage de ces techniques de sécurité 
 est très clairement réaliste. Alors que l’approche orientée vers le r
 isque peut dans certains domaines – on songe au droit de la santé ou au
  droit de l’environnement mais cela reste à vérifier empiriquement –
  aboutir à une innovation politique pouvant générer une transformation 
 de la régulation juridique (notamment en termes d’ouverture démocratiq
 ue et de réflexivité cognitive)\, l’implémentation d’une logique de
  gestion des risques dans le champ de la sécurité semble plutôt renforc
 er la logique ancestrale du système punitif et de la conception du crime 
 sur lequel il repose.Ce séminaire est organisé par la Chaire L.R. Wilso
 n sur le droit des technologies de l’information et du commerce électr
 onique et le Centre de recherche en droit public   
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